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Harry Potter : Comment J.K Rowling a réussi à accrocher ses lecteurs dès sa première page

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Tue 29 October 2013

À moins d'avoir passé les 15 dernières années au fond de l'Antarctique — et encore — je pense que vous connaissez tous Harry Potter, l'une des séries de livres totalisant le plus de ventes de l'Histoire.

Une des grandes forces de ce livre est que tout le monde, jeune ou moins jeune, peut le lire et trouver un vecteur d'identification au Héros. Ceci est très clairement lié au talent d'auteur de J.K. Rowling, et à la façon dont elle sait raconter ses histoires.

Justement, le site Write Like Rowling — en anglais — détaille les différentes techniques utilisées par Rowling dans ses livres. Un article en particulier m'a frappé : « The Boy Who Lived: How Rowling Hooked Her Readers on Page One (And You Can Too) ». La bloggeuse examine en détails la première page, les premiers paragraphes du premier tome d'Harry Potter, et nous montre comment, en seulement quelques phrases, J.K Rowling nous donne envie de tourner la première page pour lire la suite de son histoire.

 

Le premier paragraphe commence ainsi :

Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu'ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux.

Elle présente, dès la première ligne, deux personnages majeurs de l'histoire, auxquels les lecteurs commencent à penser. Elle leur donne du corps en ajoutant des détails : elle leur donne une adresse complète. Cette adresse contribue d'ailleurs à montrer qu'ils sont « parfaitement normaux ». Et s'ils sont si normaux, quelque chose de potentiellement anormal va sûrement arriver 😉. Et tout ceci ne provient que d'une phrase !

Jamais quiconque n'aurait imaginé qu'ils puissent se trouver impliqués dans quoi que ce soit d'étrange ou de mystérieux. Ils n'avaient pas de temps à perdre avec des sornettes.

Elle continue dans sa deuxième phrase en insistant sur la normalité des Dursley, et surtout sur le fait que rien d'« étrange ou de mystérieux » ne pourrait leur arriver. Elle continue de susciter l'intérêt en insistant sur la normalité de ses deux protagonistes. Seul quelque chose de vraiment anormal pourra venir troubler leur petit train-train.

 

Le deuxième paragraphe continue de présenter les Dursley, et surtout leur normalité. Même s'il peut paraître inutile du point de vue du suspens, ce paragraphe permet de calmer l'allure pour mieux relancer l'intrigue dès le début du troisième paragraphe :

Les Dursley avaient tout ce qu'ils voulaient. La seule chose indésirable qu'ils possédaient, c'était un secret dont ils craignaient plus que tout qu'on le découvre un jour.

Et là, la page se termine, et un dilemme s'impose au lecteur : doit-il refermer ce livre, ne jamais le rouvrir et donc ne jamais savoir quel est ce secret que cachent les Dursley, ou bien va-t-il préférer se plonger dans la lecture de la saga Harry Potter ?

 

Comme le disait Bernard Werber dans son atelier d'écriture, la première page est essentielle à l'histoire, mais surtout au processus d'édition. Les éditeurs — ou plutôt les gens payés par les éditeurs pour lire les manuscrits — ont peu de temps à accorder à chaque lecture, et ne lisent en moyenne que les 7 premières pages ! Il faut donc mettre toutes les chances de son côté dès le début en donnant envie à tous les lecteurs d'en lire le plus possible, en « soignant le plus possible la première page, la première phrase, le premier mot » (ceci est d'ailleurs désigné comme l'art de l'incipit).

Évidemment, si vous mettez beaucoup de suspens, si vous promettez beaucoup de choses dès le début, il faut s'assurer que la suite correspondra à ce que vous avez annoncé !

 

Les éléments présentés ici ne sont pas issus d'une analyse personnelle, mais proviennent d'un excellent article du blog « Write Like Rowling »

Quack1, Harry Potter / J.K. Rowling / Techniques d'écriture /
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